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Les Français s'installent sur la côte Atlantique à Diembereng en 1837 et en amont du fleuve construisent la forteresse de Sédhiou. En 1857 les Diolas, très indépendants et non habitués à vivre sous une quelconque autorité, s'insurgent contre les colons Français et attaquent Carabane en 1860.
Ils poussent les Portugais vers la Guinée et les Anglais vers la Gambie puis s'installent à Ziguinchor en 1888 après la signature d'une convention avec le Portugal, qui fixe aussi les frontières avec la Guinée Portugaise. En 1889, les Français et les Britanniques signent un traité qui délimite les frontières entre la Gambie et la Casamance. La France accroit le comptoir commercial de Ziguinchor, la Compagnie Française pour l'Afrique Occidentale s'y implante en 1892, et Ziguinchor devient la capitale administrative de la Casamance en 1904. L'administration coloniale impose peu à peu la culture de l’arachide au détriment du riz. Les Casamançais, qui n'utilisaient pas d’argent et cultivaient le riz pour se nourrir, sont forcés de cultiver et vendre l’arachide pour s’acquitter de l’impôt perçu uniquement en monnaie. En 1912 la Casamance est divisée par la Colonie Française en trois régions administratives, Haute, Moyenne et Basse Casamance. La Haute Casamance, le pays Fouladou autour de Kolda, peuplé majoritairement de Peuls. La Moyenne Casamance, autour de Sédhiou, peuplé de Mandingues et de Balantes. La Basse Casamance, de Ziguinchor à l’estuaire du fleuve, le pays des Diolas et des Baïnuks.
Leurs chefs symboliques sont emprisonnés, comme le Roi de M’Lomp en 1942 et Aline Sitoé Diatta qui est déportée à Tombouctou en 1943. Morte en 1944 pendant son exil en prison Aline Sitoé Diatta est devenue le symbole de la résistance de la Casamance contre toutes autorités étrangères.
Le gouvernement mis en place par Léopold Sédar Senghor envoie en Casamance des fonctionnaires venus du Nord du pays. Depuis les Casamançais, qui ont l’impression de subir une deuxième colonisation et d’être exclus de leur terre, réclament leur autonomie. Ils contestent la légitimité du pouvoir de Dakar et reprochent aux gouvernements successifs du Sénégal de privilégier le développement des régions du Nord et du Centre au détriment de la Casamance.
Le 18 décembre 1983, après la condamnation de 19 indépendantistes, la répression d’une manifestation à Ziguinchor qui a fait 25 morts réveille l’irrédentisme. Le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), dirigé par l'abbé Diamacoune Senghor, réclame l'indépendance de la Casamance. En 1984 Sidy Badji crée dans le maquis Atika (la flèche en Diola), la branche armée du MFDC qui mène une guérilla contre les autorités Sénégalaises. En 2000 c’est l’alternance politique avec l’élection de Abdoulaye Wade à la présidence de la République du Sénégal, qui annonce qu’il va régler le conflit Casamançais en 100 jours …
Le 27 octobre 2002 pour exiger le retour de la paix 3.000 femmes ont défilé à Ziguinchor. A la tête du rassemblement les femmes du bois sacré qui se sont regroupées dans l’association Kabonkétor (pardonner en Diola). Jusqu'à présent elles accordaient leur soutien aux indépendantistes, mais elles ont déterré les fétiches destinés à les faire gagner … Le revirement de ces femmes respectées et écoutées donne un nouvel espoir de paix à la Casamance. Lors d’une rencontre entre l’abbé Diamacoune Senghor et le président Wade en mai 2003, le président du MFDC annonce qu’il renonce à l’indépendance de la Casamance et propose des assises de son mouvement pour la recherche d’une paix définitive. Quelques jours plus tard Sidy Badji, le fondateur de Atika la branche armée du MFDC, meurt à l’âge de 88 ans.
L’abbé Diamacoune s’est toujours montré d’un irrédentisme intransigeant en réclamant à tous prix l’indépendance de la Casamance. C’est seulement pendant les dernières années de sa vie qu’il appelle à la paix : "le développement économique et social de la Casamance passe par la paix" disait-il comme pour exprimer sa dernière volonté.
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