En octobre 2002, les experts en renflouage d'épaves de la société Hollandaise Smit ont remis à l'Etat un rapport concernant toutes les propositions possibles sur l'avenir du bateau, et la méthode à utiliser pour le renflouer.
La société Smit pouvait récupérer " Le Joola " pour 2,9 millions d'euros.
A la demande de l'AFV-Joola Europe, l’Union Européenne a annoncé qu'elle disposait d’un fonds spécial qui permettrait de payer les coûts du renflouage du " Joola ", le 8ème Fonds Européen de Développement. Ce fonds ne peut être débloqué qu'à la demande du Sénégal, mais malheureusement le Président Wade n'a pas semblé être disposé à effectuer cette demande ! ... Pourquoi ? ...
Plongée dans l'épave du " Joola " le 30 avril 2003
A la demande du Collectif de Coordination des Familles des Victimes ( CCFV-Joola ) qui souhaitaient récupérer des effets personnels de leurs parents disparus, Haïdar El Ali le président de l’Oceanium, un club de plongée et association de protection de la nature de Dakar, a demandé en novembre 2002 au gouvernement l'autorisation de plonger sur l'épave.
Cette autorisation lui a été accordée plus de 5 mois plus tard, le 15 avril 2003 …
Haïdar et les plongeurs de l’Oceanium ont été les premiers à appareiller vers le site du naufrage dès son annonce le 27 septembre 2002 pour essayer de sauver les rescapés. Ils n’avaient pu malheureusement que retirer des corps sans vie de la coque du " Joola ".
Le 30 avril 2003, Haïdar et ses plongeurs ont constaté lors d’une plongée que les courants et les vagues avaient considérablement endommagé le navire qui repose par 18 m 50 de fond dans une zone de hautes turbulences. L'épave disloquée par les courants et la houle est ensablée et affaissée sur elle-même, les structures se démembrent, la passerelle avant et le pont supérieur sont effondrés, la coque est fissurée en plusieurs endroits et des pans entiers de tôles déchirées bougent avec la houle.
Pour Haïdar, vu l’état de l’épave, elle ne peut être sortie de l’eau que par petit bout car la coque est tellement fragilisée qu’elle se disloquerait. Et de plus, elle ne peut plus livrer d'éléments utiles à une enquête sur les circonstances du naufrage !…
Les possibilités d’entrer dans l’épave se sont avérée très restreintes par les enchevêtrements de tôles et de débris qui en interdisent l’accès. Mais le lendemain les plongeurs ont réussi à entrer dans l’épave dont le fond est encombré de tôles, tuyauteries, mobiliers et envahi par les coquillages …
La visibilité est quasiment nulle mais ils ont découvert dans le garage des conteneurs à bagages presque vides avec quelques sacs en très mauvais état, non identifiables et quasiment irrécupérables.
Le président de l’Oceanium, qui a vu très peu d’objets et des ossements mais pas de squelette entier a déclaré "Les familles des victimes pensent toujours récupérer des effets personnels, les corps, mais ce qui était possible il y a six mois l'est moins aujourd'hui. Dans les jours qui ont suivi le naufrage j’étais sur place, les effets personnels des victimes étaient visibles, accessibles, et encore récupérables facilement. C’est à ce moment qu’il convenait de commander une telle opération !".
Haïdar a envoyé au Président de la République un rapport et une vidéo de sa visite du " Joola ", mais aussi une autre vidéo réalisée lors d’une plongée au lendemain du naufrage pour permettre aux autorités d’établir une comparaison.
Haïdar, qui n’a pas visité tout le bateau, pense que dans les parties assez isolées des mouvements des masses d'eau on peut encore trouver des corps. Le renflouement de l'épave du " Joola " et la récupération des centaines de corps jamais retrouvés et leurs effets personnels semblent de plus en plus difficile, et plus le temps passe ...
Si seulement l’Etat du Sénégal avait réagit plus vite et plus tôt, les parents seraient en possession d’objets personnels et de souvenirs de leurs proches disparus !…
Le Premier Ministre Idrissa Seck a écarté l’éventualité du renflouement du "Joola" en annonçant le 18 juillet 2003 à Ziguinchor "Les experts ont déterminé que la coque se disloquerait lors d’une quelconque tentative de renflouement, le bateau est profondément ensablé. Trop peu d’effets personnels pourraient être récupérables, souvent en très mauvais état, et non identifiables. Devant ces réalités, et dans le souci sincère d’éviter un vain espoir et un nouveau traumatisme aux familles, nous considérons à présent l’épave du " Joola " comme un sanctuaire" ...
Le 26 septembre 2005 à Ziguinchor pour le troisième anniversaire du naufrage, le Président Wade a annoncé qu’il a donné son accord pour renflouer l’épave du " Joola ", mais qu’il reste le problème financier : " La seule question qui reste est celle des moyens. Des députés européens avaient promis d’amener l’Union Européenne à s’intéresser à cette affaire, mais à ma connaissance aucune somme n’a été dégagée. J’ai la volonté de participer si l’opération était envisagée.
Je voudrais dire à toutes les familles qu’il s’agit d’un problème complexe, parce qu’il concerne des milliers de victimes, des parents de victimes et en tout état de cause une telle opération ne pourrait se faire qu’avec un consensus de l’ensemble des parents des victimes ". Wade a affirmé que si les moyens techniques et financiers sont réunis, une concertation sera entreprise pour arriver à un consensus : " S’agissant des moyens techniques, j’ai moi-même reçu des Hollandais, des Américains et des Français, mais personne n’a encore indiqué comment on pourrait récupérer l’épave du Joola ".
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